Jeunesse·Lectures

L’attrape-rêves – Xavier-Laurent Petit

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★★★✩✩

Louise vit au bout du monde, tout là-haut, dans une vallée belle et rude dont les rares habitants n’aiment pas se mélanger avec ceux  » d’en bas « .
Alors, quand un nouvel élève déboule dans la classe en cours d’année, Louise, comme les autres, pense à une erreur. Non seulement Chems n’est pas de la vallée, mais il est différent, avec ses cheveux longs, la couleur de sa peau, la vieille caravane dans laquelle il vit avec sa mère au milieu des bois… C’est cette différence que Louise trouve attirante. Elle est bien la seule. Pour les autres, comme son père, un étranger n’a rien à faire dans la vallée où le travail manque, où la scierie du coin bat de l’aile.
Louise se sent coupée en deux. Mais Chems va prouver qu’il aime cet endroit comme s’il y était né. Quitte à le défendre au péril de sa vie.


Une lecture offerte par mon petit frère, et dieu sait oh combien ses signes d’affections sont rares. Donc bien évidemment, le livre en lui-même à une valeur sentimentale.

Le résumé nous donne tout de suite l’idée globale de la trame, une romance jeunesse avec deux lycéen assez atypiques. On suit la petite vie tranquille de Louisa, jusqu’à ce qu’elle s’éprenne de Chems. Et là, les ennuis commencent, tout se chamboule. Après avoir surmonté les longueurs du début – des bonnes 100 premières pages – je me suis surprise à être entraînée et à vouloir savoir la suite. Bien que chaque péripéties et révélations soient prévisibles quelque pages à l’avance, ce n’est pas gênant et j’ai pris du plaisir à ma lecture.

Lire, c’est vivre un peu plus.

Le personnage de Louise, ainsi que tous les autres, les gens du village et de la ville, les parents et les enfants, sont une image parfaite de notre société, misant tout sur les relations et les « ça a toujours été comme ça », tout en multipliant les non-dits et les rancunes. Chems représente la force, l’indépendance, le courage de sortir des rails tous tracés. Ou alors c’est peut-être moi qui invente et qui débloque, mais c’est comme ça que je vois l’histoire.

Bien évidemment, comme je l’ai dit, il s’agit d’un livre jeunesse, non pas par l’histoire ou les personnages mais surtout par le style de l’auteur, avec des phrases simples et assez légères. De plus, j’ai bien senti que Louisa était mature et qu’elle aurait pu être beaucoup mieux développée, de même pour Chems. Voilà, c’est ça qui ne colle pas : dans la bande de jeunes du village, ils sont tous censé avoir entre 16 et 19 ans, au lycée ou au travail, mais la façon dont ils sont exploités et exposés nous ferait plutôt penser à des plus jeunes de 13-15 ans. Je sais bien que c’est le public visé, mais je trouve ça dommage.

Les cent dernières pages sont pour moi les meilleures, le vif du sujet, les confrontations, Dolores m’a profondément touchée, la situation prend une tournure intéressante, et enfin Louise se bouge ! Son évolution d’un bout à l’autre du roman est remarquable. Un regret, c’est de ne pas avoir plus impliqué M. Harrison, que nous retrouvons seulement au début et à la fin, et je l’ai adoré, pour vous dire les deux seuls passages que j’ai surligné sont des moment où il parle.

On ne comprenait pas la moitié du quart de ce qu’il nous racontait mais je crois qu’on pressentait tous plus ou moins qu’il nous indiquait le chemin d’un monde dont il était le seul à détenir les clés.

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