Contemporaine·Lectures

La lettre à Helga – Bergsveinn Birgisson

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★★★★✯

Auteur : Bergsveinn Birgisson

Edition : Points

Date de publication : 2013

Prix : 8.85€, voir sur Amazon

 

« Mon neveu Marteinn est venu me chercher à la maison de retraite. Je vais passer le plus clair de l’été dans une chambre avec vue plongeante sur la ferme que vous habitiez jadis, Hallgrímur et toi. » Ainsi commence la réponse – combien tardive – de Bjarni Gíslason de Kolkustadir à sa chère Helga, la seule femme qu’il aima, aussi brièvement qu’ardemment, d’un amour impossible. Et c’est tout un monde qui se ravive : entre son élevage de moutons, les pêches solitaires, et sa charge de contrôleur du fourrage, on découvre l’âpre existence qui fut la sienne tout au long d’un monologue saisissant de vigueur. Car Bjarni Gíslason de Kolkustadir est un homme simple, taillé dans la lave, pétri de poésie et d’attention émerveillée à la nature sauvage. Ce beau et puissant roman se lit d’une traite, tant on est troublé par l’étrange confession amoureuse d’un éleveur de brebis islandais, d’un homme qui s’est lui-même spolié de l’amour de sa vie.

Titre original : Svar vid bréfi Helgu (2010)


Une lecture pour le moins surprenante, je ne vous le cache pas, sûrement du au fait que l’auteur soit étranger (j’essaie d’élargir de plus en plus mes horizons et de lire des auteurs de pays divers et variés), que j’ai néanmoins énormément appréciée.

Le lecteur est plongé dans les souvenirs d’un fermier islandais, qui couche sur papier ses sentiments et regrets. Il nous immerge dans les traditions de son pays et son mode de vie qui est peu commun.

Les mots sont poignants, forts, mais avant tout poétiques. La lettre est belle, chaque passage est un oeuvre d’art en soit. J’ai autant pris du plaisir à l’histoire qu’à savourer la plume de l’auteur. Certains passages sont crus, durs, et ni l’auteur ni Bjarni ne cachent la réalité de la vie et des passions, dévoilant les choses comme elles se sont passée et surtout, comme elles ont été ressenties. C’est aussi ce qui fait la force du roman.

Au delà des sentiments, il y a une vraie réflexion sur l’évolution de la société, des mœurs qui se perdent. En effet, Bjarni assiste à ce départ massif vers la capitale, Reykjavik, et le mépris qu’éprouve de plus en plus les hommes pour la campagne et voit les valeurs humaines changer.

C’était une très belle découverte que je vous conseille vivement si vous n’avez pas froid aux yeux.

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